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Laure Villepelet, directrice ESG de Weinberg Capital Partners : « L’ESG doit être un catalyseur de création de valeur, pas une case à cocher »

06/07/2026

Après un début de carrière en analyse financière à l’international (New York, Londres, Singapour), Laure Villepelet a ressenti le besoin de s’ancrer dans un univers où elle se sentirait utile au collectif. Elle rejoint alors l’équipe développement durable de L’Oréal France, puis est recrutée par Tikehau Capital, où elle passe sept ans à structurer les stratégies des fonds ESG et impact sur l’ensemble des lignes métiers. C’est fin 2025 qu’elle rejoint Weinberg Capital Partners, attirée par le challenge de retrouver un rôle de terrain, au plus proche des participations. Rencontre avec une professionnelle convaincue que l’ESG doit servir de levier de performance plutôt que de répondre seulement à des contraintes règlementaires.

Qu’est-ce qui vous a motivé à rejoindre Weinberg Capital Partners ?

Je cherchais une entreprise à taille humaine, agile, où je pourrais travailler main dans la main avec les équipes de management des participations et je ne suis pas déçue. En six mois, j’ai rencontré la quasi-totalité de nos participations, eu l’opportunité d’aller directement sur certains sites, d’observer comment les équipes travaillent et opèrent, d’échanger sur leur vision. C’est passionnant. Ce qui me plaît profondément dans ce rôle, c’est cette alternance de registres : challenger un dirigeant sur sa feuille de route ESG le matin et être dans l’atelier avec une responsable qualité l’après-midi. Cette proximité avec les entreprises, c’est ce qui donne du sens à mon travail au quotidien. Et honnêtement, quand j’ai rejoint la société, l’énergie des équipes et la qualité des personnes rencontrées ont décuplé ma motivation dès les premières semaines.

Concrètement, comment accompagnez-vous les entreprises en portefeuille dans leur trajectoire ESG ?

Mon rôle est d’être un accélérateur, pas un contrôleur et cette nuance est importante. Chaque entreprise a sa propre maturité, ses propres contraintes : il n’existe pas de modèle unique. Pour une entreprise à mission comme Cosmogen, très avancée sur les enjeux de packaging écoconçus, l’enjeu est davantage de valoriser ses bonnes pratiques et d’en faire un modèle inspirant pour le reste du portefeuille. Pour d’autres, disposant de moins de ressources dédiées, j’interviens presque comme une collaboratrice supplémentaire : je dédie du temps et de l’énergie pour les aider à avancer sur les sujets prioritaires en fonction des attentes de leurs clients et de leurs collaborateurs notamment. Ma stratégie repose sur les « quick wins » : identifier rapidement ce qui peut être actionné pour générer des résultats tangibles à court terme. En parallèle, je maintiens le cap sur des sujets structurants de long terme. Citons par exemple l’offre de produits et services durables et carbone (véhicules électriques chez SAPIAN, l’offre de plats végétariens au sein du groupe Bourdoncle), l’attraction et la rétention des talents, ou encore la cybersécurité. Ce que j’apprécie dans ma fonction, c’est justement la diversité des sujets : chaque journée est stimulante.

Dans un contexte où l’ESG fait l’objet d’un certain retour de bâton, comment appréhendez-vous votre rôle ?

Je crois justement que ce contexte oblige à revenir à l’essentiel. Ce que je refuse, c’est une approche ESG déclarative, construite pour cocher des cases ou satisfaire un reporting. Derrière les indicateurs extra-financiers, il y a des réalités très concrètes : la sécurité des collaborateurs, l’empreinte environnementale, la qualité du dialogue social, la robustesse opérationnelle. Un accident du travail, par exemple, est d’abord un drame humain, c’est aussi un signal de dysfonctionnement et un coût caché pour l’entreprise.

Mon rôle consiste à aider les participations à structurer une démarche crédible, ancrée dans leur réalité, puis à la rendre lisible. Une communication RSE solide ne doit ni enjoliver ni plaquer un discours générique : elle doit faire émerger ce qui existe déjà, clarifier les priorités, relier les actions au projet stratégique et montrer en quoi elles participent à la trajectoire de création de valeur.

Une démarche RSE bien pilotée peut réduire certains risques perçus, renforcer la confiance des parties prenantes et contribuer à la qualité de l’equity story au moment de la sortie.

C’est aussi pour cela qu’il est précieux d’évoluer dans une équipe qui prend ces sujets au sérieux. Les LPs jouent également un rôle utile : certains nous challengent avec exigence.

Enfin, l’assouplissement récent de certaines contraintes réglementaires peut avoir un effet positif s’il permet aux entreprises de concentrer leurs efforts sur les sujets réellement matériels pour elles.

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